Soyons factuels N°6 Champdoux : remettre les chiffres, les coûts… et les projets à l’endroit. Vous avez trois heures !

Un tract de l’opposition récemment distribué présente la rénovation du groupe scolaire Champdoux comme un “chantier à 6 millions d’euros”, disproportionné et mal géré, tout en vantant les mérites d’un hypothétique Projet « MARPA ECOLES »…
Les faits sont tout autres et Il est nécessaire de les rappeler calmement et factuellement.

1. Le vrai coût du projet Champdoux : 4,8 M€, pas 6 M€

Contrairement à ce qui est écrit dans le tract :

  • Le montant réel du marché de travaux voté est de 4,8 M€ TTC,
  • et non 6 M€.

L’opposition ajoute donc plus de 1,2 M€ au passage, soit une inflation d’environ 25 % du coût réel, uniquement pour frapper les esprits. Une paille !

Ces 4,8 M€ comprennent :

  • une rénovation lourde : isolation, menuiseries, chauffage/ventilation, mise aux normes, traitement de l’amiante, réorganisation de certains espaces ;
  • les interventions sur les espaces communs (cantine, périscolaire, circulations, locaux techniques…) ;
  • les études et la maîtrise d’œuvre.

On ne parle donc pas d’un simple “rafistolage énergétique”, mais bien d’une réhabilitation en profondeur, complexe, d’un équipement essentiel du service public scolaire.


2. Comment le projet est financé : 48 % de subventions et un emprunt négocié au mieux

Autre élément passé sous silence dans le tract : le niveau exceptionnel de subventions obtenues.

  • Le projet Champdoux bénéficie d’un taux de financement par subventions de 48 %, ce qui n’est un détail. c’est d’ailleurs un peu le même procédé employé dans un autre tract concernant le Coworking, ou l’opposition omet ce qui ne l’arrange pas et fragiliserait potentiellement sa propagande… !
  • Autrement dit, près d’un euro sur deux investi sur ce chantier ne pèse pas sur les seules finances de la commune.

Le reste à charge pour Saint‑Denis‑en‑Val, soit un peu plus de la moitié des 4,8 M€, est financé par un emprunt que la municipalité a pris soin de mettre en concurrence auprès des banques, via un prestataire spécialisé.

Ce travail a permis d’obtenir :

  • un taux variable de 2,2 %, indexé sur le Livret A,
  • dans un contexte de marché où les taux fixes se situaient autour de 3,5 %.

Sur la durée du prêt (20 ans), cette différence de taux représente plusieurs centaines de milliers d’euros d’intérêts économisés pour la collectivité, par rapport à un emprunt classique à 3,5 %.

Parler de “mauvaise gestion” alors que :

  • le montant du projet est gonflé de 1,2 M€ dans le tract,
  • les 48 % de subventions sont passés sous silence,
  • et que l’on omet le taux particulièrement avantageux obtenu grâce à la négociation,

c’est pour le moins paradoxal.


3. Pourquoi le “tout neuf” n’était pas toujours une option réaliste

Au verso du tract, l’opposition explique qu’elle aurait “démoli pour reconstruire” autour d’un concept de MARPA‑ÉCOLE, mêlant :

  • école totalement neuve,
  • résidence pour personnes âgées,
  • parc arboré, etc.

Ce scénario est présenté comme plus ambitieux, plus moderne… pourquoi pas ? Mais jamais sérieusement chiffré.

Pourtant, chacun sait qu’une opération de ce type, incluant :

  • démolition complète,
  • reconstruction d’une école performante,
  • création d’une résidence seniors,
  • aménagements extérieurs complets,

aurait coûté au minimum le double de la rénovation actuelle, soit de l’ordre de 10 M€ et plus.

Pour une commune de la taille de Saint‑Denis‑en‑Val, un tel niveau d’investissement :

  • aurait été hors de portée de ses finances,
  • et aurait obéré durablement sa capacité d’investissement pour les mandats à venir (équipements sportifs, voirie, bâtiments associatifs, environnement, etc.).

La majorité a fait un autre choix, responsable :

  • sauvegarder et moderniser un patrimoine existant, patrimoine auquel est attaché celles et ceux qui vivent depuis toujours à Saint Denis en Val et ont fréquenté cette école
  • a œuvré pour capter 48 % de subventions sur un projet réaliste,
  • financer intelligemment le reste grâce à un emprunt à taux très favorable,
  • et conserver des marges de manœuvre pour les futurs projets communaux.

4. MARPA‑ÉCOLE : un investissement impossible… et un fonctionnement hors de portée pour notre commune

Le tract ne parle que de “béton” et d’investissement. Or dans une commune, il y a aussi – le budget de fonctionnement.

Une MARPA‑ÉCOLE ne poserait pas seulement un problème d’investissement, mais aussi un problème majeur de coûts annuels, des restes à charge :

  • une résidence pour personnes âgées implique :
    • du personnel dédié (direction, agents de service, animation, restauration, veille, etc.),
    • des charges fixes très lourdes (énergie, entretien spécialisé, restauration, maintenance),
    • une gestion réglementée dans le champ médico‑social ;
  • à l’échelle nationale, ce type de structure représente des centaines de milliers d’euros de fonctionnement chaque année.

Ces dépenses :

  • ne peuvent pas être couvertes par l’emprunt,
  • pèseraient durablement sur le budget communal ou celui du CCAS,
  • réduiraient d’autant la capacité à maintenir ou développer d’autres services (jeunesse, culture, sport, vie associative…).

Même en supposant que l’on trouve les 10 M€ et plus nécessaires à la construction, via l’emprunt, il faudrait ensuite assumer un surcoût de fonctionnement très important, année après année, alors que toutes les communes subissent déjà la hausse des dépenses obligatoires (énergie, salaires, normes…). Cette option, comme la reconstruction à neuf, avait été étudiée par la majorité actuelle parmi les options possibles, elle a été abandonnée car irréaliste.

À l’inverse, la solution retenue par la majorité :

  • améliore la performance énergétique de bâtiments existants (donc limite les charges futures),
  • n’ajoute pas une nouvelle structure lourde à gérer,
  • sécurise l’avenir de l’école sans mettre en péril l’équilibre du budget communal.
  • Laisse des marges de manœuvre d’investissement confortables à une future équipe, quelle qu’elle soit

5. Des chiffres et des promesses instrumentalisés à des fins électorales

Au final, que montre ce tract ?

  • un coût de projet volontairement surévalué (6 M€ au lieu de 4,8 M€),
  • l’oubli complet de 48 % de subventions qui allègent fortement l’effort de la commune,
  • la dissimulation d’un taux d’emprunt particulièrement bien négocié, qui fait économiser des centaines de milliers d’euros sur 20 ans,
  • une solution alternative (MARPA‑ÉCOLE) séduisante sur le papier, mais sans chiffrage réaliste ni plan de financement, ni en investissement, ni en fonctionnement.

Ce n’est pas un document d’information neutre, c’est un outil de campagne qui joue avec les peurs (coût, dette) et les espoirs (bâtiments neufs, intergénérationnel) sans dire qui paierait, ni combien, ni pendant combien de temps.

La majorité assume une autre démarche :

  • des chiffres exacts (4,8 M€ et non 6 M€),
  • la transparence sur les 48 % de subventions obtenues,
  • un financement négocié au mieux des intérêts de la commune,
  • des projets à la bonne échelle financière pour Saint‑Denis‑en‑Val,
  • et la volonté de préserver les capacités d’action de la ville pour les années et les mandats à venir.

Chacun et chacune a le droit de choisir en connaissance de cause, sur la base de faits complets et impartiaux, pas sur des promesses sans prix. Ce qui est inquiétant c’est la méthode qui ne laisse rien augurer de positif pour l’avenir et présente quelques lacunes en matière de prospective et de gestion !

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